La lycéenne de 16 ans vivait avec ses grands-parents à Villers Semeuse, près de Sedan. Ils voulaient la séparer de son petit ami de 15 ans. C’est pour cette raison qu’elle avait décidé de les tuer. Ensemble les deux adolescents les ont mortellement frappés à coups de couteau, sous leur toit. Quelques heures plus tard, ils ont avoué très froidement ces deux assassinats.
Le lundi 30 mars, ce très jeune couple a été filmé par les caméras de surveillance d’une galerie commerciale. Une liasse de billets à la main, la jeune fille a acheté 3 téléphones portables haut de gamme. Ce n’est pourtant pas pour de l’argent qu’elle venait de tuer ses grands parents avec l’aide de son petit ami. Elle avait programmé ce crime depuis plus de deux semaines, parce qu’ils s’opposaient à leur liaison.
SI JEUNES ET SI VIOLENTS
Ce lundi matin, elle n’est donc pas allée au lycée de Sedan où elle était scolarisée. Et contrairement aux voisins de ses grands-parents, elle ne s’est pas inquiétée de leur disparition. Les pompiers sont entrés dans une maison vide. Les corps des grands-parents ont été facilement trouvés dans la cave un peu plus tard par les policiers du commissariat de Charleville-Mézières. Les escaliers étaient tachés de sang, du sous-sol au premier étage. Le Procureur de la République de Reims François Schneider (image ci-dessus) indique que l’autopsie du corps du grand-père a révélé 5 plaies par arme blanche : en bas du dos, sur le bras gauche, la cuisse droite. Celle qui se situait à l’arrière du thorax a causé la mort par hémorragie de cet homme de 74 ans. La grand-mère, âgée de 71 ans, a été frappée au visage et blessée à la base du cou et au thorax, ce qui lui a été fatal. La lame du couteau retrouvé dans l’évier fait 21cm. Elle correspond aux blessures constatées par le médecin légiste.
ILS VOULAIENT RESTER ENSEMBLE
La jeune fille était suivie en assistance éducative par le juge pour enfant de Charleville Mézières. Elle avait été confiée à ses grands parents en 2024 en raison de la situation compliquée de sa mère. Le procureur n’en dit pas plus sur ce point. Ses grands parents essayaient donc de la sortir de ses difficultés en qualité de « tiers dignes de confiance ». Et ils n’acceptaient pas qu’elle fréquente un garçon déjà connu de la justice. L’adolescent devait comparaître ce 10 avril devant le juge pour enfants pour des coups de ciseaux portés dans le dos d’un camarade. Cette dispute amoureuse violente remonte à Septembre 2025. Elle impliquait déjà celle qui allait l’associer quelques mois plus tard à l’assassinat de ces grands parents, parce qu’ils prétendaient s’opposer à leur liaison. Les deux jeunes gens ont été interpellés rapidement à Sedan sur une friche industrielle qu’ils avaient l’habitude de fréquenter.
UN RÉCIT GLAÇANT
Le crime été anticipé dès le dimanche après-midi quand le jeune homme s’est introduit dans la maison des grands parents sans qu’ils le voient. Il y est resté caché jusqu’au lundi matin sans perturber le dîner familial. La jeune fille avait dissimulé des couteaux sous son lit dans une boite, depuis la veille. La colère de sa grand-mère quand elle a découvert la présence de son petit ami a déclenché l’assaut. Les coups de couteau sont tombés, provoquant sa chute dans les escaliers. Le grand-père alerté par les cris a été frappé par le garçon. Et les violences se sont poursuivies en bas des escaliers alors que les victimes étaient encore vivantes. Les corps ont été transportés et vaguement cachés dans le désordre de la cave. Les billets trouvés dans une boite en fouillant la chambre des grands parents dévastent servir, on le sait, à l’achat de 3 smart phones.
SANS AUCUN AFFECT
Tous ces faits ont donc été reconnus et détaillés. Les quelques incohérences du récit relevant de la jeunesse des jeunes assassins plutôt que du mensonge. Magistrats et enquêteurs ont tous été frappés par leur totale absence d’émotion dans une froideur difficile à comprendre. Ils ont avoué leur crime sans volonté de dissimulation témoigne la Commissaire Divisionnaire Céline Beretta, (image ci-dessus) Cheffe du SIPJ de Reims chargé de l’enquête. Elle indique qu’ils étaient « totalement détachés des faits, sans empathie, ni remords apparents », ce qui est « rare chez des personnes aussi jeunes » et qui « s’explique peut-être par l’état de choc », insistant sur une «disproportion entre les actes et leur motivation». Ils ont cependant regretté leur crime. Ils se sont dit «tristes» en regrettant leurs actes. Il est détenu en maison d’arrêt, elle est placée dans un établissement qui accueille les mineurs. Ils risque 20 ans de réclusion criminelle.



