Une enquête de plusieurs mois auprès de multiples patientes du psychiatre rémois laisse peu de place au doute : le psychiatre a été mis en examen et placé en détention provisoire pour un viol, 5 agressions sexuelles et 10 faits de harcèlement sexuel. En dehors de son cabinet du quartier Saint Rémi, ce praticien de 51 ans exerçait aussi à l’Établissement de Santé Mentale de Reims.
Après le signalement de l’ordre National des Médecins en Mai dernier, 665 patientes ont été contactées par les enquêteurs. Une majorité des témoignages recueillis évoque des faits de nature sexuelle pendant les consultations, allant jusqu’au viol. Il pourrait y avoir d’autres victimes dans le Nord, dans l’Oise et dans l’Aisne où il a précédemment exercé.
DES CONSULTATIONS TRÈS INTIMES
Selon le communiqué de François Schneider, Procureur de la République à Reims, les patientes qui ont été entendues évoquent des comportements très équivoques : des avances, des questions sur leur sexualité, des caresses sur les cuisses, dans le dos, sans consentement . Le psychiatre a pu par ailleurs proposer des prestations de chirurgie esthétique dans une clinique marocaine dont il se disait propriétaire. Il aurait aussi prescrit des anxiolytiques, hypnotiques ou antidépresseurs à forte dose et sans justification médicale. Les effets secondaires étaient si lourds qu’elles finissaient par arrêter le traitement d’elles même. Trois patientes ont déjà déposé plainte.
VIOL ET SOUMISSION CHIMIQUE
Une patiente, victime des gestes et propos ambigus de ce médecin, a pu rapporter qu’il lui avait fait prendre des anxiolytiques à son cabinet à l’occasion d’une consultation tardive, provoquant malaise et perte de connaissance. Elle aurait été violée à son réveil. Ces témoignages recueillis au cours de l’enquête du Service Local de Police Judiciaire de Reims, sous l’autorité de la Vice Procureure Mathilde Campagnie, ont conduit à l’interpellation de ce praticien le 30 mars dernier. Sa mise en détention provisoire au terme de sa garde à vue a été confirmée une semaine plus tard après un débat contradictoire devant le juge des libertés et de la détention. Le mis en examen a tout nié, du viol aux agressions et harcèlements sexuels. L’enquête n’est pas close.



