Victimes des agressions sexuelles de plusieurs prêtres dans le diocèse de Reims et des Ardennes, ces hommes mûrs sont parvenus à libérer leur parole après des décennies. Ils ont rejoint les rangs d’ECLATS, « Ensemble Contre les Abus, Témoigner et Soutenir ». Cette association met tout en œuvre pour que les victimes silencieuses se déchargent à leur tour de leur tourment dévastateur, pour qu’ils se fassent aider. C’est le seul but de cette croisade pour la vérité. Elle est parsemée d’embûches.
L’association ECLATS est née de la rencontre, grâce à Internet, de deux victimes du même prêtre rémois Daniel Prot. Leurs échanges leurs ont été très bénéfiques. LIRE ICI . Ils se sont rapidement convaincus qu’il fallait absolument faire la lumière sur les agressions sexuelles qui ont détruit la vie de plusieurs dizaines de garçons. Aux victimes de l’abbé Prot se sont ajoutées celles de deux autres prédateurs notoires : Peter Meulendijks et Jean-François Pinard qui ont sévit entre 1950 et 1990 à Reims et dans les Ardennes Lire ICI
DES ARCHIVES DISPARUES
Guillaume Gellert est le président de l’association ECLATS qu’il a créée avec Thomas et Laurent il y a un an. Tous 3 ont été victimes de Daniel Prot Prot dans les années 70. L’association accompagne aujourd’hui une trentaine de victimes âgées de 50 à 65 ans. Les abus décrits par ceux qui sont parvenus à sortir du silence étaient une habitude. Et on comprend que ce chiffre est bien en dessous de la réalité. Voilà pourquoi l’association veut identifier ceux qui se sont trouvés sur le parcours des pédophiles. Il existe bien des listes d’élèves et des photos de classe, mais elles ont étrangement disparu sur la période où ces religieux ont agi. Tout comme les dossiers relatifs à ces prêtres pourtant signalés dès le séminaire. Les plaintes récemment déposées par les 3 fondateurs d’ECLATS ont été classées sans suite parce que les faits sont prescrits et malgré la certitude d’une récente destruction de preuves à Clefcy, peu après l’audition de deux victimes par la police. Car c’est à Clefcy, dans les Vosges, que la fameuse colonie de vacances du Sourire de Reims accueillait des enfants très entourés par l’abbé Prot.
UNE VICTOIRE EN DEMI TEINTE
Les victimes ont souvent choisi de s’éloigner du lieu de leur agression, parfois même en abandonnant leurs proches sans aucune explication. ICI. L’association ECLATS a donc multiplié les démarches pour que l’archevêché de Reims diffuse un appel à témoigner au-delà de la paroisse, sur l’ensemble du territoire. Cette mobilisation a même débouché sur une remarquable convention récemment signée par les représentants de la cellule d’écoute du diocèse de Reims et des Ardennes, MARS France Victimes 51, l’Inirr, instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation, et ÉCLATS (Image ci dessus). La conférence de presse donnée à cette occasion a permis à l’Inirr, en la personne de son secrétaire général adjoint Jean François Badin, d’insister sur l’importance de cet appel à témoigner, seul moyen de sortir les victimes d’un isolement très fréquent. Le soutien si précieux de cette instance indépendante de l’Eglise a été vécu comme un grand soulagement par l’association qui peine à soutenir seule les victimes qui s’adressent à elle. On ignorait alors que l’Inirr, jusque là tenue par des professionnels indépendants de l’Eglise, allait être remplacée par des antennes placées sous la direction des évêques. Ce qui représente un retour en arrière pour les victimes.



