L’accusation d’agression sexuelle d’une cliente par son tatoueur en décembre dernier avait fait grand bruit. Car cet homme n’est autre qu’un des auteurs de l’assassinat de François Chénu par trois skinheads à Reims, au Parc Léo Lagrange il y a 24 ans. Malgré son déni farouche et son parcours sans histoire depuis sa libération, il a été condamné à 4 ans de prison fermes en comparution immédiate. SMS à l’appui, son avocat a pu démontrer devant la Cour d’Appel que l’accusation ne tenait pas. Le tatoueur est relaxé
Des trois skinheads qui ont sauvagement assassiné François Chenu, Mickael Regnier était celui dont beaucoup ont cru qu’il pourrait se réinsérer. Les parents de sa victime étaient de ceux-là, comme certains enquêteurs. Leur témoignage en atteste dans un récent podcast de Radio France sur l’affaire François Chenu. Écouter ICI Après sa libération, il y a dix ans, Mikael Regnier a construit une famille. Le tatoueur a d’ailleurs reçu un soutien sans faille de la mère de ses deux enfants quand il a été accusé d’agression sexuelle par une cliente.
QUAND TOUT A BASCULÉ
Ce jour-là, Mickael Regnier devait consacrer tout sa journée au tatouage d’une cliente qu’il connaissait bien. Elle en était à sa huitième visite au « Celtic Tatoo ». Et cette fois pour une création qui allait faire courir une guirlande de fleurs le long de sa colonie vertébrale, jusqu’à la raie des fesses. L’œuvre serait ponctuée, de part et d’autre, de deux inscriptions : « amour »à droite et « divine » à gauche. Tout au long de cette longue séance, la jeune femme correspond par SMS pendant que le tatoueur officie avec celui qu’elle vient d’épouser. Ils sont tous les deux des habitués du salon. L’opération suit son cours jusqu’au moment où le mari fait intrusion dans la cabine de tatouage. Il accuse Mickael Regnier de gestes déplacés. Quand il est accusé de ce dérapage par le couple, le tatoueur tombe à genoux, il supplie ses clients de ne pas le dénoncer. Il propose de faire cadeau de sa prestation.
UN DÉNI MALADROIT
Il sait que le moindre faux pas peut ruiner son avenir. Il pense qu’il y a eu malentendu. Il s’étonne que ses précautions n’aient pas fonctionné. Il a l’habitude de faire profil bas comme l’explique son avocat, Maître Hugo Fabry. Son très lourd passé judiciaire lui interdit la moindre erreur. Plus tard la jeune femme dira au commissariat que son doigt ganté l’a pénétrée à dix reprises. Quand il a eu connaissance de cette accusation, Mikael Regnier a compris qu’elle mentait. Pendant son procès en comparution immédiate sa défense est maladroite. Lire ICI. Cet homme est épuisé par deux nuits sans sommeil après sa garde à vue. Il est marqué par une addiction aux stupéfiants dont il s’est difficilement débarassé depuis peu.Il répète que cela ne lui est jamais arrivé, qu’il n’a pas pu pénétrer sa cliente. Mais il n’arrive pas à convaincre le tribunal qui le condamne à 4 ans de prison ferme
CE QUE DISENT LES SMS
« Nous avons pourtant recueillis des dizaines de témoignages en quelques heures qui le décrivent comme un tatoueur prévenant, irréprochable, insiste son avocat. Mais Monsieur Régnier est une proie facile» Heureusement, les SMS du couple ont été enregistrés par les enquêteurs. De cette chronologie, dont on a aussi les traces en images, il ressort que les échanges sont d’abord très détendus et que l’appel au secours de la jeune femme à son mari intervient alors que le tatoueur à quitté la zone « basse » du tatouage depuis 35 minutes. Le pantalon de sa cliente est remonté depuis longtemps. Il travaille à ce moment-là au niveau du dos. « J’aurais aimé pouvoir lui poser des questions regrette l’avocat.». Mais la jeune femme était absente en première instance, et elle a suivi le second procès sans vouloir s’exprimer. Mickael Regnier a donc été relaxé par la Cour d’Appel dont l’arrêt précise sobrement que les faits rapportés par la plaignante ne correspondent pas aux éléments matériels du dossier. Son avocat annonce une requête indemnitaire … très légitime.



