MANIFESTANT, PUIS CASSEUR, PUIS VOLEUR

Ce samedi du 17 Octobre 2026, plus de 3000 commerces ont été saccagés en France. « Caviar », la boutique de vêtements pour hommes dans le centre de Reims, a fait les frais de cette violence. Un des pilleurs  a été jugé en comparution immédiate. Le jeune homme de 20 ans travaille à 40 KM de chez lui. La hausse du prix de l’essence a été sa seule justification. Il écope d’une peine de 4 mois sous bracelet .

La boutique venait d’être remise à neuf, les stocks approvisionnés avant une réouverture pour les vacances de la Toussaint.  A 21 heures, tout a été saccagé et vidé. Les pertes du commerçant sont évaluées à 50 000 euros.

RIEN D’UN CASSEUR

Celui qu’on juge n’a rien d’un dur. La silhouette est fragile, les mots difficilement perceptibles. Après son arrestation, il a demandé qu’on ne prévienne pas sa mère, militaire de carrière. Il est employé en CDD dans un supermarché des Ardennes alors qu’il vit à Chalons-en Champagne. Il fait 40 Km par jour pour aller travailler. C’est donc la hausse du prix de l’essence qui l’a incité à manifester, ce que chacun peut comprendre. Mais pour la suite, qu’est-ce qui pousse à casser un magasin, s’étonne le président du tribunal . « J’ai suivi le mouvement. Si  la foule se jette sous le tram, vous vous jetez sous le tram ? insiste Pierre Jund. C’est le pourquoi qui est intéressant ! » La police l’a arrêté rue Jean Jaurès, les bras chargés de plusieurs vêtements volés, pour une valeur de 640 euros.

UN PRÉCÉDENT REGRETTABLE

Pendant sa garde à vue le prévenu s’est plaint de l’interpellation inutilement brutale qui aurait précédé son arrestation. «Le problème, c’est que quand on est en face de vous, on ne sait pas comment vous allez réagir. A quoi vous attendiez-vous, lui demande le président ? A rien. » « Mon client n’est pas un habitué des tribunaux, plaide Maître Orwatt. Il ne savait même  pas que je suis avocate malgré ma robe. Il n’est pas un militant venu des Ardennes pour tout casser. Ce n’est pas un malin.» Il est en effet  le seul casseur de la boutique qu’on ait réussi à interpeller. Son casier judiciaire est vierge, mais il avait tout de même fait l’objet d’un avertissement pénal probatoire de la part du délégué du procureur 10 jours plus tot , pour un vol de ferraille. « il n’a pas de souvenir de cet entretien, déplore la procureur de la république Clélia Virlojeux. »  L’avertissement a pourtant été clair et c’est ce qui lui vaut, cette fois,  une peine de prison de 4 mois sous bracelet.

 

Monique Derrien

Journaliste

Journalise indépendante après 30 années d’exercice à Radio France, comme reporter puis grand reporter.

Regarder, écouter, comprendre…
Dire ce qui va et ce qui ne va pas, pour que ça aille mieux !

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