VA-T-ON ENFIN SAUVER LA PISCINE ART DÉCO DE REIMS ?

 

La restauration de la piscine Art Déco du Tennis Club de Reims est un serpent de mer. Après deux décennies d’atermoiements et de projets divers, ce joyau de la ville amorce peut-être sa renaissance. La convention de mécénat qui vient d’être signée par l’association du TCR avec la Fondation du Patrimoine s’appuie en tous cas sur un projet suffisamment structuré pour encourager les mécènes, privés ou publics. Et qui sait…convaincre les banques ?

Pour restaurer la seule piscine Art Déco du Tennis Club de Reims, il faut 1,3 million. Cette première phase de la renovation globale du TCR, est une urgence. Elle nécessite la mobilisation des mécènes, privés ou institutions publiques. L’opération de mécénat est désormais officiellement soutenue par la Fondation du Patrimoine. Elle apporte son expertise et sa logistique en la matière, notamment sous la forme d’une plate-forme de dons. 

UN SOUTIEN DE POIDS 

L’appui de la Fondation du Patrimoine renforce évidemment la crédibilité du projet dans sa globalité. La restauration de la piscine est à elle seule une prouesse technique, et coûteuse, puisqu’il il s’agit bien de respecter ce qu’elle était au départ, avec les normes de sécurité d’aujourd’hui et l’indispensable accès PMR. Cette première tranche de travaux prévoit aussi une terrasse de plein pied pour relier le restaurant du Club House et la piscine en un seul ensemble. Mais cette sauvegarde impérative est en réalité l’amorce d’un plan de restructuration encore plus ambitieux. Ce que Domitille Letissier,  la présidente de l’association du TCR, appelle «un  club idéal, un lieu qui revit, un endroit attractif pour Reims, où on pourra venir passer une journée et s’y sentir bien, et pas seulement pour une heure de tennis.» Les parties non utilisées deviendront des salles de sport, de fitness, de réunion

UN CLUB IDÉAL OUVERT A TOUS 

Ce « club idéal » est ouvert aux adhérents, aux familles mais aussi aux particuliers et aux professionnels qui y feront leur réunions. Le TCR sera toujours géré par une association mais avec un directeur de club, un manager à plein temps, bien au delà de la seule école de tennis qui reste sous la responsabilité d’un professeur. La signature de cette convention avec la Fondation de France a été l’occasion pour Rodolphe Gissinger de  de présenter l’ensemble du projet  de rénovation du TCR. Cet architecte du patrimoine est spécialisé dans la restauration des monuments historiques. Le diagnostic structurel et patrimonial préliminaire à la restauration globale a permis de «comprendre l’histoire du lieu et ses pathologies pour apporter un plan de restauration concret, précise l’architecte. Il se projette sur le long terme -jusqu’à une decennie- selon un schéma directeur de recomposition du site, en tenant compte des déplacements et de sa logique de fonctionnement.»

UNE REHABILITATION PAR ÉTAPE 

La restructuration se ferait  par tranches successives pour des montants de un à plusieurs millions. On n’en saura pas plus pour l’instant. Le Club House, qui fait l’identité du lieu, est bien évidemment conservé, ainsi que la galerie qui le prolonge. Mais toute la frange arrière, aujourd’hui occupée par des ateliers devient un corridor de distribution reliant la piscine au vestiaire, à pied sec, sans passer par la terrasse extérieure. Cette colonne vertébrale permet d’apporter de nouveaux usages à la galerie historique existante, puisqu’elle va s’ouvrir, par des baies vitrées, sur les courts couverts. La création d’un terrain supplémentaire de padle est également intégrée au projet global. La question de la sauvegarde de ce lieu magique est compliquée, depuis toujours, par le fait qu’il est détenu et géré par une association. Sur la partie piscine, les aides des institutions, de la ville et des mecennes devraient permettre d’avancer dans un avenir assez proche, selon Domitille Letissier. 

QUI FINANCERA LA SUITE ?

La présidente du TCR ajoute qu’un projet économiquement rentable du club, avec un manager à sa tête, est aujourd’hui  proposé par le bureau de l’association. « On travaille sur un business plan sérieux pour se faire financer par les banques et les sponsors. On étudie la possibilité pour l’association que nous restons, d’être financée par des investisseurs privés. Ce n’est pas évident juridiquement car l’association reste à but non lucratif. Elle ne peut pas faire de bénéfices, alors que l’investisseur a besoin de rentabilité. C’est à l’étude. » Catherine Coutant, conseillère municipale déléguée au patrimoine, ne s’en est pas cachée. «C’est un sujet complexe. La piscine Art Déco que nous aimons tous est un bien privé qui appartient à une association, mais nous les accompagnons pour que le projet aboutisse. Directement on ne peut rien faire. On aide par contre beaucoup l’association pour que le mécénat soit un succès. On l’aime tous cet endroit ! »



Monique Derrien

Reporter puis grand reporter à Radio France de 1987 à 2016. Prix du Grand Reportage de Radio France. Chronique judiciaire régulière et assidue des petits et grands procés : Chanal, Heaulme, Fourniret. Attention soutenue sur les audiences et faits de société et sur la politique, un peu. Parce qu'ils disent presque tout du monde qui nous entoure. Intérêt marqué pour la culture, la gastronomie et le champagne. Celui qui se boit et celui qui a su si bien se vendre jusqu'ici.

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